A la toute fin du siècle dernier, le gouvernement islandais a soutenu la création d’une nouvelle entreprise très controversée : DeCode Genetics Inc., spécialisée dans la recherche génétique. La population islandaise, comptant 300.000 individus et ayant été relativement isolée au fil des siècles, constituait un excellent groupe d’étude pour la recherche médicale. Dès la création de DeCode Genetics Inc., le sujet de la recherche génétique a créé une vive polémique, qui a largement dépassé les frontières de l’Islande. Les opposants ont en effet dénoncé l’accès direct de cette entreprise à leurs dossiers médicaux, représentant selon eux une violation inacceptable de leur vie privée. En effet, cette gigantesque base de données génétiques permet d’accéder à des secrets jusqu’alors enfouis dans les tombes de nos ancêtres. Jusqu’à quel point souhaitons-nous découvrir les secrets de nos grand-mères ? En avons-nous seulement le droit ?
Et quand j’ai lu le roman d’Arnaldur Indridason, LA CITE DES JARRES, il y a quelques années, j’ai été fasciné par le fait que ces questions se matérialisaient à travers les choix moraux que doit faire un des personnages principaux. J’ai aussi beaucoup apprécié le personnage principal, l’inspecteur Erlendur, qui représente, pour moi, la « vieille Islande » avec ses valeurs et sa morale simples. Le roman dépeint aussi des relations parent-enfant qui m’ont beaucoup inspiré. L’intrigue de LA CITE DES JARRES est complexe et se révèle petit à petit. Pour l’adapter, j’ai décidé d’en changer la structure en racontant deux histoires en parallèle. Les deux histoires ne se déroulent pas au même moment, mais au fil du film, elles se rejoignent dans le temps et finissent par ne faire qu’une.

BALTASAR KORMÁKUR